| Wednesday, 11 November 2009 14:25 |
![]() Corana et Charlotte Good (à droite) L’administratrice volontaire de cette année est prête à rentrer au bercailDepuis décembre 2008, Charlotte Good s’est investie à 100% pour CR. Son travail a été très apprécié par tous. Elle nous livre ici ses impressions et ses émotions…Au départ, j’étais certainement la volontaire la plus réticente que Calcutta Rescue n'ait jamais eue! Je ne sais toujours pas comment, ni pourquoi la vie a fait que je me suis retrouvée ici, car, au fond, je n'avais jamais rêvé de travailler pour une ONG. Au contraire, j'ai toujours été la reine du fauteuil confortable, très individualiste, aimant s'amuser et profiter de la vie. Faire une bonne action c'était pour les autres, pas pour moi… Mais Calcutta Rescue est arrivé dans ma vie de façon si manifeste, qu’à la fin "non" n'était simplement plus une réponse. J'ai alors accepté ce poste d'administrateur que l'on me proposait. Puis six semaines plus tard, j'ai atterri à Calcutta pour commencer une nouvelle vie, si loin de ma petite vie superficielle, mais si confortable, de Londres, qui d’ailleurs me paraît aujourd’hui bien terne depuis mon nouveau point de vue de Calcutta. Dès le premier jour, j'ai aimé cette ville vibrante. J'avais pourtant visité l'Inde de nombreuses fois avant dans ma vie de super privilégiée, mais je ne l'avais jamais vécue de cette façon, depuis l'intérieur. Je me suis sentie tout de suite à la maison. Rien ne pouvait m'inquiéter ou me désarçonner; j'ai adopté l’attitude d’accueillir la vie comme elle s’offrait à moi. La première semaine, j’ai logé à l'infâme Fairlawn Hotel, où tout me faisait grimacer. Mais dès la semaine suivante j'ai pu emménager dans l'appartement de mon prédécesseur, au troisième étage d'un immeuble au plein coeur d'un quartier musulman. Mon arrivée coïncidait avec l'Eid, une célébration musulmane durant laquelle des vaches étaient sacrifiées juste devant mes yeux. J’ai bravement traversé la ruelle ensanglantée qui menait à ma nouvelle demeure. Et ainsi, de jour en jour, de surprise en surprise, la vie est devenue simplement plus riche, plus belle, plus intéressante… Le travail était un vrai casse-tête au début, car mon arrivée correspondait à la mise sur pied des préparatifs pour la 30e année de l'histoire de Calcutta Rescue et tout était donc centré là-dessus. Durant les premières semaines, j'ai essentiellement passé mon temps à observer et à ouvrir grand mes oreilles et ainsi je me suis habituée peu à peu aux moeurs et coutumes… et même à la bureaucratie indienne et aux meetings interminables, auxquels les indiens semblent être habitués. Le Dr Bobby a été un soutien précieux pour moi et petit à petit j’ai pu apporter une sérieuse contribution à l’organisation. Je me suis investie dans les projets d'artisanat et d'éducation, projets pour lesquels je disposais déjà d’une affinité naturelle ayant eu un peu d'expérience dans ces domaines par le passé. Les projets médicaux, qui constituent la plus grande partie de Calcutta Rescue, m'ont demandé un peu plus d'effort pour en comprendre tous les rouages. Je ne suis pas douée du tout dans ce domaine (il ne faut surtout pas me demander d'appliquer un pansement !) et il m'a fallu un certain temps pour aller plus loin que la surface. Mais cela en a valu la peine, car leur travail est tellement formidable et leurs prouesses me surprennent constamment. J’ai beaucoup de plaisir à accueillir les visiteurs venant voir les projets et j’éprouve une certaine fierté à les leur montrer. Maintenant que mon année à Calcutta touche presque à sa fin, je peux affirmer que je suis extrêmement chanceuse d'avoir eu l’occasion de travailler avec une organisation aussi professionnelle et dans une ville aussi vivante. Les visiteurs européens me demandent sans arrêt comment je supporte de voir la pauvreté et la privation. Je leur réponds que c'est un privilège d'être témoin de la fierté avec laquelle ces gens, qui ont si peu, vivent leur vie avec dignité. Ils ont un calme naturel, faisant manifestement contraste avec la folie et le bruit de la mégapole, et j'apprends tous les jours de ces hommes et de ces femmes que j’admire. Cette expérience m'a permis de voir toute chose sous une autre perspective et sans aucun doute je suis beaucoup plus heureuse aujourd’hui. Charlotte Good, Administratrice volontaire Déc. 2008 - nov. 2009 |




