| Saturday, 22 November 2008 07:30 | |
![]() Moustique porteur du virus. Alerte! La malaria et la fièvre dengue s'installentTout a commencé avec un ou deux articles dans les journaux locaux début septembre. Un nombre inhabituel de personnes infectées par des maladies transmises par les moustiques. La fièvre dengue et la malaria contaminent de plus en plus d'habitants de la ville. Au fur et à mesure des semaines, le "Times of India" publie chaque 2e jour un nouvel avis mortuaire. Les autorités, très inquiètes, essaient de s'organiser en "nettoyant" la ville et en vaporisant de l'insecticide de façon massive, mais sans grand effet pour l'instant. Même si on ne parle pas encore d'épidémie, l'alerte est sérieuse.Plusieurs zones de la ville de Calcutta sont devenues de vrais nids à moustiques et les virus qu'ils répandent sont de plus en plus virulents. L'urbanisation indienne insalubre, combinée au climat actuel optimise les conditions de prolifération. Si on ne réagit pas à temps, la situation peut s'aggraver rapidement. Durant le mois d'octobre 9 personnes, dont plusieurs enfants, sont mortes de la dengue hémorragique et le même nombre de la malaria, alors que des centaines d'autres ont été diagnostiquées infectées. Fin octobre, les autorités indiennes annoncent 543 cas de dengue dans l'état du Ouest Bengale, dont 317 dans la capitale. Quant à la malaria 176'000 échantillons de sang ont été testés par la Haute École de Médecine Tropicale (STM) et le Centre Indien de Recherche Médicale (ICMR) et près de 25'000 se sont révélés positifs, dont 2000 cas de malaria maligne.Certains enfants fréquentant les écoles de Calcutta Espoir viennent des zones en question, nous avons recensé près de 30 cas depuis le début de l'alerte (3 en juillet, 5 en août, 11 en septembre et 9 en octobre), heureusement aucun n'a eu une issue fatale. Calcutta Espoir a renforcé son programme de prévention auprès des enfants et de leurs parents. Une équipe médicale s'est également rendue dans les zones à risque pour une prévention renforcée et la distribution de filets anti-moustiques. Calcutta Espoir a également pressé les autorités à plusieurs reprises de mettre en oeuvre de gros moyens pour venir à bout de ce mal. Heureusement, les villages visités régulièrement par Calcutta Espoir au nord et au sud de la ville n'ont pas été touchés particulièrement. Cette présence inhabituelle d'un si grand nombre de moustiques à cette époque de l'année est due principalement aux averses torrentielles dont Calcutta est victime ces dernières semaines. Normalement après la mousson il ne pleut que très rarement. Dû à cette pluie intermittente, de l'eau stagnante s'amasse partout, particulièrement dans des containers tels que des récipients en terre, des fûts métalliques, des citernes en ciment utilisées pour la conservation de l'eau domestique, ainsi que les récipients en plastique abandonnés, les vieux pneus et autres objets accumulant l'eau de pluie. En 2005, une épidémie importante s'était déjà répandue à Calcutta, puis à nouveau en 2006, année durant laquelle la fièvre dengue a fait plus de 200 victimes. Des entomologistes disent que le phénomène n'était pas complètement enrayé à ce moment là et accusent les autorités de ne pas avoir réagi assez rapidement et de ne pas avoir pris suffisamment de mesures de contrôle. D'ailleurs durant les deux dernières années, les zones à risques n'ont été pulverisées avec de l'insecticide que de manière très sporadique et la gestion des eaux stagnantes s'est révélée aléatoire. Pour que ces maladies infectieuses puissent de développer de manière endémique, il faut une combinaison de facteurs tels que : forte densité de population, risque important de transmission des humains aux moustiques et réciproquement, conditions climatiques optimales, etc… Si un de ces facteurs diminue, l’ agent infectieux tend à disparaître, comme en Amérique du Nord et en Europe. Inversement, il peut réapparaître dans une région et y survivre si ces facteurs y sont réunis. On dit que dans les grandes villes d'Asie, le phénomène a été quasiment éradiqué, mais il en faut peu pour qu'il resurgisse, la preuve à Calcutta.
Article tiré du bulletin de Calcutta Espoir 2008/2009 |




